Le projet ne doit pas tomber dans le piège de la création autonome que l’on viendrait parachuter dans n’importe quelle situation : il est d’abord précédé par une compréhension fine des lieux, une construction à partir du réel, autrement dit, depuis l’enquête.
C’est en tout cas ce qui est défendu par ces jeunes praticien·ne·s de l’arpentage, du relevé sensible, de la cartographie, des sondages socio-historiques, des entretiens guidés et autres ateliers de conception participatifs. La vision de l’architecte qui ferait évoluer son projet selon ses propres principes internes est remplacée par une approche interdisciplinaire - transmise via la pédagogie de plusieurs studios de master - où se mêlent à la pensée de l’espace, une méthodologie héritée de la sociologie et de la géographie et des ressources d’acteurs externes « experts » comme « non-sachants ».
En cela, l’enquête et sa façon de documenter la réalité en requestionnant les rôles et les formats de la conception, devient une manière en soi de projeter la transformation d’une situation en tentant d’intégrer au fur et à mesure toute sa complexité. Ainsi, on réduit considérablement le risque de viser à côté.
Afin de former les futur·e·s architectes, l’ensa Nantes se donne un rôle : celui d’offrir, par les enseignements et la pratique du projet, un socle commun d’outils et de méthodes. La discipline architecturale est un assemblage de façons de voir, penser et concevoir en constante évolution. C’est une matière qui mute au fil du temps au regard des tendances et des conditions matérielles de son champ d’application.
Dans cette perspective, il n’est pas étonnant qu’une nouvelle génération de praticien·ne·s et théoricien·ne·s en herbe cherche à développer ses propres outils. Iels accélérent ceux déjà existants ou alors piochent dans l’éventail des domaines connexes, de la sociologie à la géométrie en passant par l’ingénierie ou les sciences du numérique...