Comment imaginer un futur désirable depuis les conditions du monde actuel ? L’inévitable catastrophe climatique, l’omnipotence de l’idéologie néolibérale dans le développement de la ville, la domination écrasante des structures du capitalisme tardif sur les espaces habités sont autant de raisons de tenter de développer un contre-projet. Pour éviter de succomber à une conception architecturale qui revendique un certain pragmatisme a-politique, il s’agit sans doute d’assumer une forme de radicalité.
L’architecture comme acte de métamorphose sociale et politique redevient un leitmotiv chez une proportion croissante des étudiant·e·s. Néanmoins, il faut noter que la force des propositions tombe rarement dans le piège de la tabula rasa des radicaux du siècle dernier. Le jeu consiste davantage à articuler les contradictions et les potentiels propres d’une situation localisée pour envisager ce qui pourrait être au-delà du consensus habituel. Si la réalisation concrète des dessins présents sur ces planches reste pour l’instant en suspens, ils permettent déjà d’ouvrir une faille vers une alternative désirable.
Pour cette seconde région, il est question du rôle que se donne l’architecture. À quoi ou à qui doit-elle servir ?
Mais surtout, vers quelles problématiques contemporaines il est devenu urgent de faire converger les énergies ? Ici, la question générationnelle revêt une importance particulière. Certain·e·s jeunes architectes cherchent aujourd’hui à aller au-delà de la simple production de bâti et à requestionner une discipline architecturale auto-réflexive. Les un·e·s choississent d’assumer une posture sociale et politique, tandis que d’autres prennent à bras-le-corps les questions écologiques ou s’investissent dans de nouveaux territoires.